Mon arrivée

Nous reprenons la route vers l’aéroport, je vais enfin rejoindre Port au Prince. Hâte de voir ce que mon chéri m’a raconté. Dès notre arrivée, je découvre un tout petit aéroport. Nous remplissons les formalités et nous attendons l’enregistrement des bagages.

Ici, impossible d’avoir un supplément de bagages. C’est 23kg et pas un kilo de plus. Si vous vous en souvenez, j’ai un bagage de 23,5 kg et un de 32 kg. Et là, grand moment de solitude Je dois absolument enlever 9 Kg. L’employé nous fait comprendre, qu’il faut mettre le surplus dans nos sac à dos. Sauf qu’ils sont déjà blindés. Pfff…

Par contre, j’aimerais bien savoir pourquoi il faut absolument équilibrer le poids des valises alors que de toute façon tout va rentrer dans l’avion…

On se met sur le côté, j’ouvre mes bagages une énième fois, grrrr… je finis par trouver un sac en plastique et on cherche à sélectionner les objets les plus lourds pour soulager la valise. Alors entre « mais pourquoi tu as pris ça ? » et « vraiment n’importe quoi » et « ben ça m’étonne pas que ta valise fasse autant »….. On finit au bout de 20 min par enlever 9kg.

On remonte sur la balance et enfin nous pouvons aller à la douane ! Dans cet aéroport, il y a 3 vols par jours et autant vous dire qu’on est attendu dans ce secteur. Comme les douaniers s’ennuient un peu, et même beaucoup, leur seule distraction est d’emmerder le monde ! Moi ça va, pas de soucis avec mon sac à dos blindé, un petit sac bagage blindé et mon sac plastique blindé. Par contre, mon chéri, lui c’est : « monsieur, suivez moi »… Ouverture de son sac à dos et vas-y que je sors tout. Moi, de loin, je regarde le manège ! Inquiète de savoir ce qu’il allait se passer. Après avoir tout vérifié et tout rangé! le douanier finit par lui dire « c’est bon ». Bah oui c’est bon, il m’aurait demandé je lui aurais dit qu’il n’y avait rien de louche…

Il est tellement petit cet aéroport qu’il n’y a pas de Duty Free ! On tourne en rond, à se regarder et à regarder les douaniers. Au bout d’1h, nous pouvons enfin monter dans un petit coucou. À peine 19 places. Serrés comme des sardines. Je suis à coté du hublot. Je contemple le paysage avec sur les genoux mon sac à dos, les sacs plastiques et le reste de mon bazar.

Après 45 min de vol, nous voila enfin à l’aéroport International Toussaint Louverture de Port au Prince. On récupère rapidement les bagages. On passe la douane sans encombre. Ouf !

Pour notre sécurité, nous attendons notre chauffeur à l’intérieur de l’aéroport. C’est un chauffeur local employé par l’entreprise dans laquelle travaille mon mari. Dernière recommandation de mon chéri avant de traverser le parking de l’aéroport : surtout ne pas lâcher sa valise. De nombreux porteurs se proposent de porter les bagages à votre place moyennant quelques gourdes, au risque de voir la valise se barrer en courant. J’étais un peu inquiète mais au final pas de soucis. Il suffit d’être ferme.

Je monte à l’arrière du 4 X 4. Et je regarde le paysage : dépaysement total. Tout ce que m’avait raconté mon homme, je le vis en direct. Les routes défoncées, la pauvreté, les maisons délabrées, la saleté dans les rues… 30 min pour faire 8 km, tellement il y a de la circulation. Ici pas de code de la route, pas de panneaux de signalisation. Comme tout ce qui est en métal est récupéré, les panneaux ne restent pas longtemps à leur place. C’est le premier qui arrive au carrefour qui passe.